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dimanche 31 mai 2026

Je m'y colle encore, c'est trop tard pour être le retour du printemps

Il y a quelques jours, j'ai décidé de partager, encore une fois, le résultat de mon travail de compositeur producteur pour le bonheur de ceux qui m'ont apprécié, qui m’apprécient et qui m'apprécieront. Pour les autres qui ne m'apprécient pas encore ce n'est que partie remise, mais à quelques jours de mon 70e anniversaire, il faudra pas attendre 107 ans non plus. 

C'est toujours un pari intéressant que de proposer des créations issues d'une direction musicale différente de mes précédentes réalisations. C'est un libre choix totalement assumé , et c'est une sacrée opportunité. Vive la liberté ! *

Il y a plusieurs mois, convalescent, sans trop d’énergie, je me suis pris à écouter "les boucles de la pomme" ou "Apple loops" incluses dans ce remarquable logiciel de création sonore qui se nomme Logic Pro et que j'ai la chance d'utiliser sans trop me prendre la tête.

Ces "Apple loops" sont des séquences, des phrases musicales de tout type prêtes à l'emploi. Il y en a pour tous les goûts, et tous les styles. Cela va de la boucle la plus féroce d'une drum-machine à la plus douce mélodie d'un ukulélé en passant par les improvisations toniques d'un chanteur de gospel.

Moi qui aime la diversité, je me régale à les découvrir, il y en a des milliers. N'ayant pas de préférence, je les écoute comme elles viennent et puis je mets de coté celles qui m'inspirent. Une fois fait mon "marché", il ne me reste plus qu'à les préparer pour les accommoder au mieux pour mes petites oreilles sensibles et délicates. 

Tout cela a fait qu'au bout de plusieurs semaines, j'ai abouti à plusieurs compositions. N'ayant aucune raison de les garder dans mes oubliettes je les ai tout naturellement mises en ligne pour la plus grande joie de ma vieille maman et de mes followers adorés.

image de l'album intitulé "Des collages immédiats"


J'ai regroupé mes compositions sous l'intitulé "Des collages immédiats" ; clin d'œil dada surréaliste dans lequel je me reconnais tant je m'inspire des techniques ludiques du collage chères aux surréalistes.

*Ne pas le crier trop fort, il y en a que cela gênerait beaucoup ...

 

dimanche 18 mai 2025

De oisillon affamé à vieux hibou rassasié, c'est une chouette histoire (2eme épisode).

Résumé de l'épisode précédent : j'effectue un retour vers ma vie de petit oisillon marqué par un déménagement d'Algérie vers la France dans les années 60 qui me perturbe bien moins que l'arrivée d'une dernière petite sœur dont la santé va perturber longtemps toute la couvée, parents compris.

Épisode 2 - Le nid familial gagne en robustesse.

Le nid familial gagne en robustesse, papa et maman oiseau investissent dans de la pierre. Ils attendront 25 ans pour en être propriétaire. Finis les locations, les changements de quartiers, je suis en cm2*.

Mon école d’alors se nomme l'école des Abatilles. Elle porte un nom charmant évocateur d'une eau minérale arcachonnaise bien plate mais qui saura aussi être pétillante. J'y demeurai tout juste une année et puis hop, je faisais mon entrée pour 7 ans plus 1 an de rab dans l'extraordinaire et exceptionnel lycée climatique d'Arcachon

image de l'entrée du lycée "Grand air" dans les années 60

Ce lycée climatique n'était pas banal parce que justement, il était climatique. De par la volonté de Monsieur Gustave Monod, ce lycée sanatorium est sorti du sable des dunes de la forêt landaise au sortir de la guerre de 39-45 avec la vocation d'accueillir tout plein de bronchiteux essoufflés et "d'outre-meristes" en peine d'acclimatation métropolitaine. J'ai fréquenté cet établissement durant toute mon adolescence. J'ai connu la vie de potache qui rit et la vie de potache qui pleure. 

Sans trop comprendre ce qui se passait, au milieu des odeurs de pins, du pollen, des chenilles processionnaires, et des asthmatiques, j'ai profité des vacances surprises et turbulentes de mai 68.

Ensuite, vint le temps des copains, des copines et du rock à gogo, pour s'initier à la musique, au sexe et au cannabis non thérapeutique dans ce que je nommerai les matières complémentaires facultatives par opposition aux matières obligatoires qu'étaient le français, les mathématiques, le latin, les sciences nat. et j'en passe. Je trouvai les matières facultatives beaucoup plus excitantes et je n'hésitais pas à faire preuve de zèle à leur égard. Je m'y investissais avec beaucoup d’ardeur. 

image d'un jeune oiseau avec un casque audio sur la tête, tout entier à l'écoute d'une musique

Chacun ses goûts, les miens, ils étaient plutôt rythmiques et sensuels comme ces excellents morceaux de Rythm and blues que savaient nous produire M. Otis Redding et ses complices de la STAX. L'écoute de ces musiques venues d’outre-atlantique me procurait chaleur et réconfort. Du côté de la chanson française, mes goûts d'alors me faisaient apprécier Dutronc et Antoine, tandis que les chansons d'Adamo séduisaient les oreilles de ma grande sœur. Écouter de la musique et des chansons fortement rythmées, ce fut un formidable et bruyant remède pour chasser mes craintes et ma mélancolie. Malheureusement, mes parents ne l'entendaient pas de cette oreille. Ils préféraient les voix du silence.

Quelques années plus tard, après avoir effectué un boulot d'été rémunérateur, je solutionnais ce problème, en me payant une chaîne stéréo complétée d'un vénérable et imposant casque audio. J'avais franchi une étape. "Travail, argent et technologie", ces trois mots allaient résonner longuement dans mon esprit, bien au delà des solutions à mes problèmes parentaux sonores et culturels. J'y reviendrai plus tard.

Au cours de ma vie de lycéen, j'ai fait beaucoup de rencontres; des personnes de tout âges et de tout poils en France et à l'étranger. Vivant au milieu des pins, à quelques encablures de mon lycée, j'ai eu le statut d'externe** durant toute ma scolarité. J'ai connu, une fois, la vie d'interne quand je suis allé faire un tour dans un pensionnat aux "States", comme on disait à l'époque, grâce à un valeureux et admirable professeur d'anglais qui aujourd’hui n'est plus de ce monde et je le regrette. J'aurais aimé le revoir et le remercier personnellement, mais nos parcours de vie en ont décidé autrement.


* cm2 est l’abréviation de cours moyen deuxième année à ne pas confondre avec l'unité de surface, le centimètre carré.

** l'externe c'est celui qui vit à l'extérieur de l'établissement là où les internes y mangent et y dorment. Signe du destin, ce statut là m'allait très bien, j'avais déjà en moi ce coté externe au monde de la vie sociale.